L’accompagnement

Un projet de développement ne se construit pas à partir de rien. Il est le fruit d’un environnement déterminé où des problèmes apparaissent sans qu’il n’y ait nécessairement de solution adéquate ou sans que n’apparaisse vraiment une nécessité de solution.

Mais dans tous les cas, une demande doit être exprimée.

Il faut donc aider à poser les bonnes questions.

La mise en oeuvre d’un projet est source de changements. Elle est donc propice à faire naître des réactions de résistance.

la définition de l’accompagnement est assez claire : c’est l’action d’aller quelque part avec quelqu’un.

Pour, par exemple :

  • engager des adultes dans un projet professionnel qui leur permette de s’intégrer dans la vie sociale et économique de leur pays.
  • engager des étudiants diplômés à faire coïncider ce projet professionnel avec la problématique du développement durable de leur pays
  • aborder la problématique du chômage des jeunes diplômés dans certains pays émergents.
  • aborder le problème du développement durable par le biais du projet professionnel.
    engager des jeunes diplômés à mettre en évidence des cas qui relèvent de la problématique du développement.
  • permettre à des représentants de la société civile à s’engager dans une stratégie de développement

La relation avec les deux individus ou les deux entités est donc primordiale.

L’accompagnement est donc un processus d’influence interpersonnelle ou intergroupe dans lequel celui qui accompagne s’ajuste en fonction des situations rencontrées.

Ce processus est facilité par la mise en œuvre d’un cadre méthodologique et d’outils.

Il faut distinguer par ailleurs, l’accompagnement qui se déroule dans la durée à celui qui œuvre à la résolution d’un problème ponctuel.

Accompagner, c’est aussi conseiller sans diriger.

Il ne s’agit pas de prendre des individus en charge mais les aider à prendre conscience de leurs besoins.

Il ne s’agit pas d’essayer de répondre à leurs aspirations, mais de donner une cohérence et une réalité à ce qu’ils espèrent entreprendre.

Il est nécessaire d’aider les personnes qui s’engagent dans le changement à prendre conscience de leurs besoins et de leurs limites. C’est l’acquisition de compétences nouvelles qui vont aider les personnes à prendre appui sur les traditions et sur leur vécu pour ouvrir la porte sur des nouvelles pistes.

C’est un dialogue permanent où l’écoute mutuelle est essentielle.

Il ne s’agit pas d’offrir des solutions pré calibrées aux acteurs-bénéficiaires d’un projet, mais bien de définir ensemble, des objectifs cohérents avec leur parcours, leurs expériences, leurs ressources.

Leur chemin de vie.

La finalité de cette activité d’accompagnement est de mettre en condition favorable les groupes porteurs d’un projet et de leur permettre d’être en cohérence avec eux-mêmes au moment de la création.

Ceux qui contribuent à jouer le rôle d’accompagnateur dans l’action savent qu’ils ont un rôle crucial à jouer, comme catalyseurs du projet.

Concrètement, ils aident les porteurs d’un projet à

  • voir clair dans ce qu’ils cherchent,
  • pouvoir analyser eux-mêmes et faire la distinction entre ce qui est faisable et ce qui est utopiste,
  • définir les garde-fous et les points de contrôle qui mesureront leur avancement vers leur objectif.

Il faut aussi définir le chemin à parcourir, ce qu’il faut acquérir pour permettre une montée en puissance et surtout s’appuyer sur un outil formel de dialogue qui permette de faire le point sur le parcours d’acquisition des compétences, de définir les points forts et les carences ainsi que les mesures à prendre pour atteindre l’objectif défini. Et cela sur la base d’un outil de suivi-évaluation qui permettre la mise en commun du perçu et un accord mutuel sur les décisions à prendre.

Et ce point est capital.

L’accompagnement doit avoir une fin.

Il ne faut intervenir que le temps nécessaire à la mise en phase d’un projet pour être sur d’en pérenniser les effets. Il faut bien comprendre qu’un projet est aux mains de ceux qui le vivent. Ils en sont les géniteurs, et il leur appartient qu’il se réalise. L’animateur du projet doit pouvoir se retirer pour laisser aux bénéficiaires le soin de l’assumer et de le conduire là où ils désirent aller.

Ne pas respecter cette règle, c’est courir le risque de tuer un projet.

Toute cette logique n’a qu’un but, rendre les bénéficiaires indépendants. Et il serait dangereux de maintenir une relation de dépendance. Ce serait mettre un déni sur tout un ensemble d’actions qui doivent déboucher sur un changement.

Accompagner, ce n’est pas assister à rester assisté.

Ce qui peut sembler une boutade malheureuse trouve malheureusement beaucoup trop de justifications dans la vie courante.

Beaucoup d’entre nous entrent, souvent à leur corps défendant, dans un lien relationnel de dominance-soumission. Entretenir cette dépendance peut être à l’origine de perturbations sociales et psychologiques.

N’oublions pas que si nous avons la vocation de piloter un développement, nous n’avons pas celle de maintenir une dépendance.

Quand un enfant apprend à marcher, il apprend à acquérir de l’autonomie. Et en même temps, nous apprenons aussi à assumer les conséquences de cette autonomie.

Dans une société en crise, si des solutions de formation à des métiers porteurs d’avenir sont largement préconisées, c’est bien pour contribuer à développer le plein emploi. Si on demande aux seniors de contribuer à piloter l’insertion des plus jeunes dans l’entreprise, c’est encore pour rassembler la compétence des deux acteurs, plutôt que de provoquer une fracture profonde dans les pyramides d’âge.

Bien sûr, on peut idéaliser le bonheur de transmettre les enseignements d’un maître à penser.  Mais si cela se limite seulement à planter une graine sans volonté de la voir s’épanouir, sans vouloir apporter sa propre intelligence pour en améliorer le fruit, cela restera une nature morte.

La joie du maître, ce n’est pas d’être reconnu comme tel,  ce qui serait de l’autosatisfaction, mais de voir ces disciples le quitter pour devenir eux aussi des maîtres.

Comme le dit, l’un de nos commentateurs,

« l’accompagné (e) a du mal à accepter la fin de l’accompagnement quelque soient les précautions prises et la démarche utilisée. En milieu urbain, c’est un peu plus facile mais en milieu rural, l’accompagné (e) perd confiance en elle-même et retombe ou revient progressivement vers le point de départ. »

J’ajouterai, que cette remarque peut aussi être valable pour toutes les parties en présence.
La relation de dépendance peut être un leurre qui flatte notre ego, si nous y attachons trop d’importance. Elle est le signe que notre solidarité n’est qu’une apparence et que notre rôle est plus important que l’objectif de notre action.

L’objectif reste bien d’apprendre à marcher, mais surtout d’apprendre à marcher tout seul.

Si une politique de développement ne respecte pas cet impératif, elle ne servira qu’à rendre plus vivace ce besoin de dépendance. A créer une économie d’assistance à nos propres besoins, à parler d’aide aux pays en voie de développement.

Une politique de développement doit apporter de la valeur ajoutée aux pays démunis et les engager dans une politique de création de richesses à partir d’un projet volontaire.

Pour qu’un jour nous puissions parler, de manière égalitaire, en termes d’échange.

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