L’entrepreneur de changement

Je ne cesse de le dire, comme bien d’autres, la réalité économique malienne exige la mise en place d’une expertise locale de haut niveau. Le pays a besoin d’une valeur ajoutée sociale, humaine, professionnelle pour réussir son défi de développement.
Beaucoup de choses sont à faire et, cela, dans le secteur moderne comme dans les secteurs les plus classiques de son tissu économique, l’agriculture et l’élevage.
Comment aborder ces réalités quand on se trouve au loin, membre d’une diaspora dont beaucoup songent au retour et dont beaucoup rêvent de participer au développement de leur pays ?
Car certains qui ont tenté l’aventure, expriment chacun à leur manière les difficultés d’intégration. L’environnement est très difficile, il faut bien en connaître les règles, les usages, les coutumes. Nous sommes dans un pays qui aspire à un changement sans trouver les acteurs qui auront le pouvoir réel de le conduire.
Bien sûr, on met en place des mesures avec l’aide de la coopération internationale. Bien sûr, le discours souligne un espoir d’un autre futur. Mais en réalité rien ne bouge vraiment. Ce n’est pas une question de pouvoir, trop préoccupé par la recherche d’une solution territoriale honorable et même paralysé par ce problème qui s’avère être une obsession trop préoccupante. Cela pompe une énergie incroyable.
J’ai dit, et je le répète, que la clé de l’essor du Mali se trouve dans son développement. Résoudre les problèmes du Nord est certes une priorité mais qui peut aussi se résoudre par la création d’un état économiquement équilibré. Il faut créer un pays qui donne à toute sa population l’envie d’y vivre pour tenir la dragée haute aux tendances séparatistes qui gangrènent beaucoup de vecteurs d’évolution.
Il y a aussi une société malienne à remodeler, en lui proposant d’élaborer des nouvelles règles de conduite, en l’incitant à faire évoluer son système très élaboré de protectionnisme social vers une solidarité collective plus élargie.
Si on revient au rôle que devrait jouer la diaspora dans cette problématique, plusieurs hypothèses de travail peuvent être envisagées.
Ou bien, le migrant, ne revient pas au pays, parce qu’il ne se sent pas la force de vaincre les inerties auxquelles il s’attend.
Ou bien, le migrant revient au pays, en usant de toutes les mesures de facilité d’intégration existantes, accepte les règles non écrites, et s’il n’a pas suffisamment de dynamisme, de lucidité et de rigueur, se trouve paralysé par le système, en quête permanente de fonds propres et de parrainages.
Ou bien, le migrant rentre au pays, convaincu que son domaine d’expertise doit avoir avant tout une fonction d’utilité sociale. Il vise la pérennité par la clarification, l’information, la maîtrise éclairée d’une stratégie de changement. Celui-là entrera dans la logique contributive d’un développement positif comme « entrepreneur de changement », formé à cet aspect de l’économie sociale et solidaire.
Cette troisième voie, permettra d’instaurer une dynamique de l’emploi sur le terreau national, de favoriser la création collective et assistée d’entreprises, sans négliger ni le secteur informel, ni le secteur formel.
Et dans cette hypothèse là, l’état pourrait jouer un rôle discret sans être pour autant primordial.

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