Ils ont tous …

C’est la période des bilans.

Ou plutôt un instant consacré à célébrer les rencontres d’une année.

Un moment pour rafraîchir ma mémoire vive des personnes qui ont imprégné mon année et continueront à marquer de leur empreinte mes pensées futures.

Il y a notamment la diaspora malienne de la région toulousaine.

J’ai aussi une pensée particulière pour tous les jeunes étudiants et diplômés qui cultivent en France leur volonté de participer au futur de leur pays et gardent vivace leur espoir de retour.

Il y a la Cellule pour le Développement du Mali, il y a l’Association des Étudiants Maliens et d’autres encore qui exercent déjà une activité quelque part dans le monde ou tout simplement dans leur pays.

Qu’ont-ils en commun ?

Un amour pour leur terre natale, certes, mais aussi un vécu de l’aventure de la migration. Avoir dû affronter les obstacles qui se dressent devant tous ceux qui quittent leur pays pour entreprendre ailleurs des études ou un projet de vie.

Qu’ils restent ou rentrent chez eux, ils rencontrent des difficultés d’intégration alors qu’ils apportent un regard nouveau et un esprit d’innovation.

Ils doivent développer une qualité qui est en eux, celle de l’esprit d’entreprise, cette qualité qui a été à la source de tous leurs engagements et de tous leurs courages.

Ils portent en eux la réussite qui arrivera en temps voulu, quand ils auront pu faire arriver à maturation leur projet professionnel, un emploi qu’ils auront voulu, une entreprise qu’ils auront créée, une opportunité qu’ils auront découverte et mise en valeur pour le bien de tous.

Maliens, ils savent que leur pays est un grand corps malade qui déclame dans un slam permanent son doute dans l’appareil politique.

Face aux crises, leur projet n’est pas d’apporter des solutions à ce qui ne va pas, mais d’inventer un monde nouveau.

Ils veulent apporter une dynamique nouvelle à l’existant, introduire de la valeur ajoutée là où il y a des carences constatées en transformant ou en accélérant les services.

Ils sont tentés par la création d’entreprise ou par les projets de vie inclusifs qui respectent la vie sociale.

Issus d’une communauté, leur action et leur réflexion prend son essor dans un univers collectif.

Leur désir est de créer des opportunités pour tous les segments de la population, une croissance qui distribue ses dividendes équitablement à travers l’ensemble de la société.

Si certains sont entrepreneurs par opportunité, beaucoup d’autres le sont par nécessité et subissent une forme d’emploi indigente. Alors que ce sont des artisans (plombiers, électriciens, frigoristes, mécaniciens, menuisiers) dont la fonction, d’une première importance, est négligée, ignorée, rejetée.

Il ne faut pas les oublier et les inclure dans des politiques sociales qui favorisent le passage de l’emploi salarié à un entrepreneuriat d’opportunité.

Ma pensée va vers ceux de mes amis qui réfléchissent à la valorisation de ces métiers, non seulement en terme de qualification mais aussi et surtout de qualité.

Il y a aussi l’enseignement, autre grand corps malade, d’abord parce que les voies qu’elle offre sont floues, son académisme désuet, inadapté à l’écosystème, ignorant aussi comment intégrer une jeunesse en croissance constante dans un monde à inventer.

D’autres de mes amis imaginent des solutions d’orientation scolaire et professionnelle pour ces déshérités du système éducatif.

Ce système doit changer aussi à l’instar des méthodes pratiquées par l’Université d’Ashesi au Ghana qui offre une approche pédagogique de changement orientée vers l’innovation et l’esprit d’entreprise.

Les élèves, constitués en groupes, doivent choisir chacun, en début d’année un problème existant au Ghana. Ils ont deux semestres pour trouver une solution qui pourrait contribuer à le résoudre. A la fin, tous présenteront devant l’université entière leurs projets. Seuls quinze d’entre eux seront sélectionnés et bénéficieront d’un financement de la fondation de l’université pour transformer leur projet en véritable entreprise. »

Au fond de la salle, on réfléchit au futur hôtel d’Accra, devant, au développement de panneaux solaires, dans un angle à la fabrication de gilets de sauvetage…, etc. Ils ont à peine 20 ans.

Ils ont tous cette volonté d’inventer l’avenir.

Ce désir fou de vivre une autre vie.

Ils ont tous

Quelque chose en eux de Sankara.

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