L’accompagnement, ce n’est pas de l’assistanat

 

Dans les derniers billets, nous avons largement évoqué la problématique de l’accompagnement dans la recherche d’un emploi ou la maturation d’un projet professionnel.

Il nous semble utile de bien clarifier la manière dont nous comprenons l’accompagnement.

Sa définition peut-être très simple. C’est l’action d’aller quelque part avec quelqu’un.

Mais encore faut-il que ce quelqu’un sache clairement où se trouve ce quelque part. Ce qui est rarement le cas.

Au départ il y a une utopie, celle de l’emploi idéal, celle du projet qui va se développer avec bonheur Il ne faut pas qu’elle ne se transforme en dystopie. Eviter que le rêve ne devienne un cauchemar.

Il faut combattre cette timidité des jeunes diplômés ou autres à s’engager dans une vie professionnelle active. Il y a des traditions de passage qui sont omises. L’individu ne comprend pas les nécessités de changement personnel qu’implique son entrée dans la vie active. Il a, pour beaucoup, toujours vécu dans un milieu protecteur. Il a peur du changement car il n’a pas les repères pour évaluer son futur, donc plutôt que de se lancer dans l’inconnu, il va avoir tendance au statu quo et chercher des situations dont il connaît les mécanismes et aussi les protections.

Il faut aider les gens à se poser les bonnes questions.

Nous sommes dans une dynamique de changement. Il faudra donc dans un premier temps aider les personnes intéressées à réfléchir aux problèmes qui les concernent et à définir des pistes de solution. C’est la phase d’identification.

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L’accompagnement ne peut pas s’inscrire dans un processus d’influence mutuelle.

Il offre un cadre de référence et une maïeutique propice à aider le porteur de projet à faire surgir des connaissances déjà présentes en lui et à se poser les bonnes questions. Il faut accompagner vers l’idée.

Il ne s’agit pas de prendre des individus en charge mais les aider à prendre conscience de leurs besoins.

Il ne s’agit pas d’essayer de répondre à leurs aspirations, mais de donner une cohérence et une réalité à ce qu’ils espèrent entreprendre.

Il est nécessaire d’aider les personnes qui s’engagent dans le changement à prendre conscience de leurs besoins et de leurs limites. C’est l’acquisition de compétences nouvelles qui vont aider les personnes à prendre appui sur les traditions et sur leur vécu pour ouvrir la porte sur des nouvelles pistes.

Accompagner, ce n’est « faire à la place de », ni « assumer à la place de ».

Beaucoup de gens qui consultent un médecin, sont déçus de se voir prescrire un traitement impliquant une nouvelle discipline de vie, plutôt qu’un médicament. Par analogie, traiter un excès de cholestérol avec des « statines », et continuer à boire et manger avec excès peut paraître plus thérapeutique que s’astreindre à une discipline de vie sans médicament.

C’est conseiller sans diriger.

Certes l’accompagnant peut aider l’autre à se décider et à agir, c’est à l’accompagné qu’il revient d’opérer des choix, de poser des actes et d’en assumer la responsabilité. L’accompagnant n’est qu’un suiveur.

Processus facilitateur, l’accompagnement dans les phases précoces de la création donne aux entrepreneurs la possibilité de préciser leur projet. En leur offrant un cadre de réflexion, il les conforte dans la mise en œuvre de leur entreprise ou leur permet de réaliser leurs limites.

Accompagner dans un projet professionnel, c’est aussi signaler l’incongruité du projet, éveiller les doutes et permettre à l’accompagné de s’orienter, le cas échéant, vers d’autres carrières professionnelles.

C’est un dialogue permanent où l’écoute mutuelle est essentielle.

Il ne s’agit pas d’offrir des solutions pré calibrées aux acteurs-bénéficiaires d’un projet, mais bien de les engager à définir des objectifs cohérents avec leur parcours, leurs expériences, leurs ressources.

Leur chemin de vie.